Chapitre CCXXXV — L’inventaire de Planchet

Athos, pendant la visite faite au Luxembourg par Raoul, était allé, en effet, chez Planchet pour avoir des nouvelles de d’Artagnan.

Le gentilhomme, en arrivant rue des Lombards, trouva la boutique de l’épicier fort encombrée; mais ce n’était pas l’encombrement d’une vente heureuse ou celui d’un arrivage de marchandises.

Planchet ne trônait pas comme d’habitude sur les sacs et les barils. Non. Un garçon, la plume à l’oreille, un autre, le carnet à la main, inscrivaient force chiffres, tandis qu’un troisième comptait et pesait.

Il s’agissait d’un inventaire. Athos, qui n’était pas commerçant, se sentit un peu embarrassé par les obstacles matériels et la majesté de ceux qui instrumentaient ainsi.

Il voyait renvoyer plusieurs pratiques et se demandait si lui, qui ne venait rien acheter, ne serait pas à plus forte raison importun.

Aussi demanda-t-il fort poliment aux garçons comment on pourrait parler à M. Planchet.

La réponse, assez négligente, fut que M. Planchet achevait ses malles.

Ces mots firent dresser l’oreille à Athos.

— Comment, ses malles? dit-il; M. Planchet part-il?