— Eh! messieurs, vous ne voudriez pas me désobliger ainsi en demeurant sur l’escalier, ou en sortant de chez moi sans vous être assis?
— Si nous eussions su que vous aviez une dame là-haut, répondit Athos avec son sang-froid habituel, nous eussions demandé à la saluer.
Planchet fut si décontenancé par cette exquise impertinence, qu’il força le passage et ouvrit lui-même la porte pour faire entrer le comte et son fils.
Trüchen était tout à fait vêtue: costume de marchande riche et coquette; œil d’Allemande aux prises avec des yeux français. Elle céda la place après deux révérences, et descendit à la boutique.
Mais ce ne fut pas sans avoir écouté aux portes pour savoir ce que diraient d’elle à Planchet les gentilshommes ses visiteurs.
Athos s’en doutait bien, et ne mit pas la conversation sur ce chapitre.
Planchet, lui, grillait de donner des explications devant lesquelles fuyait Athos.
Aussi, comme certaines ténacités sont plus fortes que toutes les autres, Athos fut-il forcé d’entendre Planchet raconter ses idylles de félicité, traduites en un langage plus chaste que celui de Longus.
Ainsi Planchet raconta-t-il que Trüchen avait charmé son âge mur et porté bonheur à ses affaires, comme Ruth à Booz.
— Il ne vous manque plus que des héritiers de votre prospérité, dit Athos.