— Bien, bien, vos affaires, non plus que celles de notre ami, ne sont en jeu; l’intérêt qu’il nous inspire m’a poussé seul à vous questionner. Puisque le capitaine des mousquetaires n’est pas ici, puisque l’on ne peut obtenir de vous aucun renseignement sur l’endroit où on pourrait rencontrer M. d’Artagnan, nous allons prendre congé de vous. Au revoir, Planchet! au revoir! Partons, Raoul.

— Monsieur le comte, je voudrais pouvoir vous dire...

— Nullement, nullement; ce n’est pas moi qui reproche à un serviteur la discrétion.

Ce mot: serviteur, frappa rudement le demi-millionnaire Planchet; mais le respect et la bonhomie naturels l’emportèrent sur l’orgueil.

— Il n’y a rien d’indiscret à vous dire, monsieur le comte, que M. d’Artagnan est venu ici l’autre jour.

— Ah! ah!

— Et qu’il y est resté plusieurs heures à consulter une carte géographique.

— Vous avez raison, mon ami, n’en dites pas davantage.

— Et cette carte, la voici comme preuve, ajouta Planchet, qui alla la chercher sur la muraille voisine, où elle était suspendue par une tresse formant triangle avec la traverse à laquelle était cloué le plan consulté par le capitaine lors de sa visite à Planchet.

Il apporta, en effet, au comte de La Fère, une carte de France, sur laquelle, l’œil exercé de celui-ci découvrit un itinéraire pointé avec de petites épingles; là où l’épingle manquait, le trou faisait foi et jalon.