Athos, en suivant du regard les épingles et les trous vit que d’Artagnan avait dû prendre la direction du Midi et marcher jusqu’à la Méditerranée, du côté de Toulon. C’était auprès de Cannes que s’arrêtaient les marques et les endroits ponctués.

Le comte de La Fère se creusa pendant quelques instants la cervelle pour deviner ce que le mousquetaire allait faire à Cannes, et quel motif il pouvait avoir pour aller observer les rives du Var.

Les réflexions d’Athos ne lui suggérèrent rien. Sa perspicacité accoutumée resta en défaut. Raoul ne devina pas plus que son père.

— N’importe! dit le jeune homme au comte, qui, silencieusement et du doigt, lui avait fait comprendre la marche de d’Artagnan, on peut avouer qu’il y a une providence toujours occupée de rapprocher notre destinée de celle de M. d’Artagnan. Le voilà du côté de Cannes, et vous, monsieur, vous me conduisez au moins jusqu’à Toulon. Soyez sûr que nous le retrouverons bien plus aisément sur notre route que sur cette carte.

Puis, prenant congé de Planchet, qui gourmandait ses garçons, même le cousin de Trüchen, son successeur, les gentilshommes se mirent en chemin pour aller rendre visite à M. le duc de Beaufort.

À la sortie de la boutique de l’épicier, ils virent un coche, dépositaire futur des charmes de Mlle Trüchen et des sacs d’écus de M. Planchet.

— Chacun s’achemine au bonheur par la route qu’il choisit, dit tristement Raoul.

— Route de Fontainebleau! cria Planchet à son cocher.

Chapitre CCXXXVI — L’inventaire de M. de Beaufort

Avoir causé de d’Artagnan avec Planchet, avoir vu Planchet quitter Paris pour s’ensevelir dans la retraite, c’était pour Athos et son fils comme un dernier adieu à tout ce bruit de la capitale, à leur vie d’autrefois.