— C’est donc vrai? dit Athos à demi-voix, c’est donc vrai?
— Silence! vous dis-je, silence! Si l’on croit que vous savez lire, si l’on suppose que vous avez compris, je vous aime bien, chers amis, je me ferais tuer pour vous... mais...
— Mais... dirent Athos et Raoul.
— Mais je ne vous sauverais pas d’une éternelle prison, si je vous sauvais de la mort. Silence, donc! silence encore!
Le gouverneur arrivait, ayant franchi le fossé sur une passerelle de planche.
— Eh bien! dit-il à d’Artagnan, qui vous arrête?
— Vous êtes des Espagnols, vous ne comprenez pas un mot de français, dit vivement le capitaine, bas, à ses amis. Eh bien! reprit-il en s’adressant au gouverneur, j’avais raison, ces messieurs sont deux capitaines espagnols que j’ai connus à Ypres, l’an passé... Ils ne savent pas un mot de français.
— Ah! fit le gouverneur avec attention.
Et il chercha à lire l’inscription du plat.
D’Artagnan le lui ôta des mains, en effaçant les caractères à coups de pointe d’épée.