— Ah! fit Raoul avec un élan passionné vers cette espérance douloureuse.
— Voulez-vous?
— Ce serait lâche.
— Voilà un mot absurde et qui me conduirait au mépris de votre esprit. Raoul, il n’est jamais lâche, entendez-vous, de faire ce qui est imposé par la violence majeure. Si votre cœur vous dit: «Va là, ou meurs»; allez-y donc, Raoul. A-t-elle été lâche ou brave, elle qui vous aimait, en vous préférant le roi, que son cœur lui commandait impérieusement de vous préférer? Non, elle a été la plus brave de toutes les femmes. Faites donc comme elle, obéissez à vous-même. Savez-vous une chose dont je suis sûr, Raoul?
— Laquelle?
— C’est qu’en la voyant de près avec les yeux d’un homme jaloux...
— Eh bien?
— Eh bien! vous cesserez de l’aimer.
— Vous me décidez, mon cher d’Artagnan.
— À partir pour la revoir?