— Et combien mettez-vous de temps pour rentrer chez vous?

— Oh! beaucoup de temps, répondit Athos. Je ne veux pas me séparer trop promptement de Raoul. Le temps le poussera bien assez vite de son côté, pour que je n’aide pas à la distance. Je ferai seulement des demi-étapes.

— Pourquoi cela, mon ami? on s’attriste à marcher lentement, et la vie des hôtelleries ne sied plus à un homme comme vous.

— Mon ami, je suis venu sur les chevaux de la poste, mais je veux acheter deux chevaux fins. Or, pour les ramener frais, il ne serait pas prudent de leur faire faire plus de sept à huit lieues par jour.

— Où est Grimaud?

— Il est arrivé avec les équipages de Raoul, hier au matin, et je l’ai laissé dormir.

— C’est à n’y plus revenir, laissa échapper d’Artagnan. Au revoir, donc, cher Athos, et, si vous faites diligence, eh bien! je vous embrasserai plus tôt.

Cela dit, il mit son pied à l’étrier, que Raoul vint lui tenir.

— Adieu! dit le jeune homme en l’embrassant.

— Adieu! fit d’Artagnan, qui se mit en selle.