— Oh! tu as raison! s’écria le comte. Non, Raoul ne partira pas seul; non, il ne restera pas sur une terre étrangère sans quelqu’un d’ami qui le console et lui rappelle tout ce qu’il aimait.

— Moi? dit Grimaud.

— Toi? oui! oui! s’écria Raoul touché jusqu’au fond du cœur.

— Hélas! dit Athos, tu es bien vieux, mon bon Grimaud!

— Tant mieux, répliqua celui-ci avec une profondeur de sentiment et d’intelligence inexprimable.

— Mais voilà que l’embarquement se fait, dit Raoul, et tu n’es point préparé.

— Si! dit Grimaud en montrant les clefs de ses coffres mêlées à celles de son jeune maître.

— Mais, objecta encore Raoul, tu ne peux laisser M. le comte ainsi seul: M. le comte que tu n’as jamais quitté?

Grimaud tourna son regard obscurci vers Athos, comme pour mesurer la force de l’un et de l’autre.

Le comte ne répondait rien.