Mme Fouquet se précipita par les montées en demandant ses chevaux.

Mme de Bellière s’élança pour la prendre dans ses bras et lui dit:

— Madame, au nom de son salut, ne témoignez rien, ne manifestez aucune alarme.

Pélisson courut pour faire atteler les carrosses.

Et, pendant ce temps, Gourville recueillit dans son chapeau ce que les amis pleurants et effarés purent y jeter d’or et d’argent, dernière offrande, pieuse aumône faite au malheur par la pauvreté.

Le surintendant, entraîné par les uns, porté par les autres, fut enfermé dans son carrosse. Gourville monta sur le siège et prit les rênes; Pélisson contint Mme Fouquet évanouie.

Mme de Bellière eut plus de force; elle en fut bien payée: elle recueillit le dernier baiser de Fouquet.

Pélisson expliqua facilement ce départ précipité par un ordre du roi qui appelait les ministres à Nantes.

Chapitre CCXLII — Dans le carrosse de M. Colbert

Ainsi que l’avait vu Gourville, les mousquetaires du roi montaient à cheval et suivaient leur capitaine.