Le surintendant se contenta de soupirer.

— Mon Dieu, oui, monsieur, répondit-il; l’arrivée du roi m’a interrompu dans les projets que j’avais.

— Ah! vous savez que le roi vient d’arriver?

— Je l’ai vu, oui, monsieur; et, cette fois, vous venez de sa part?...

— Savoir de vos nouvelles, monseigneur, et, si votre santé n’est pas trop mauvaise, vous prier de vouloir bien vous rendre au château.

— De ce pas, monsieur d’Artagnan, de ce pas.

— Ah! dame! fit le capitaine, à présent que le roi est là, il n’y a plus de promenade pour personne, plus de libre arbitre; la consigne gouverne à présent, vous comme moi, moi comme vous.

Fouquet soupira une dernière fois, monta en carrosse, tant sa faiblesse était grande, et se rendit au château, escorté par d’Artagnan, dont la politesse n’était pas moins effrayante cette fois qu’elle n’avait été naguère consolante et gaie.

Chapitre CCXLV — Comment le roi Louis XIV joua son petit rôle

Comme Fouquet descendait de carrosse pour entrer dans le château de Nantes, un homme du peuple s’approcha de lui avec tous les signes du plus grand respect et lui remit une lettre.