— Parce que moi, Sire, j’ai un instant voulu sauver M. Fouquet.

Le roi frémit.

— Parce que, continua le capitaine j’en avais le droit ayant deviné le plan de Votre Majesté sans qu’elle m’en eût parlé, et que je trouvais M. Fouquet intéressant. Or j’étais libre de lui témoigner mon intérêt, à cet homme.

— En vérité, monsieur, vous ne me rassurez point sur vos services!

— Si je l’eusse sauvé alors, j’étais parfaitement innocent: je dis plus, j’eusse bien fait, car M. Fouquet n’est pas un méchant homme. Mais il n’a pas voulu; sa destinée l’a entraîné; il a laissé fuir l’heure de la liberté. Tant pis! Maintenant, j’ai des ordres, j’obéirai à ces ordres, et M. Fouquet, vous pouvez le considérer comme un homme arrêté. Il est au château d’Angers, M. Fouquet.

— Oh! vous ne le tenez pas encore, capitaine!

— Cela me regarde; à chacun son métier, Sire; seulement, encore une fois, réfléchissez. Donnez-vous sérieusement l’ordre d’arrêter M. Fouquet, Sire?

— Oui, mille fois oui!

— Écrivez alors.

— Voici la lettre.