Et de courir.

D’Artagnan faillit devenir fou; le sang afflua bouillant à ses tempes, à ses yeux.

— De par le roi! s’écria-t-il encore, arrêtez, ou je vous abats d’un coup de pistolet.

— Faites, répondit M. Fouquet volant toujours.

D’Artagnan saisit un de ses pistolets et l’arma, espérant que le bruit de la platine arrêterait son ennemi.

— Vous avez des pistolets aussi, dit-il, défendez-vous.

Fouquet se retourna effectivement au bruit, et, regardant d’Artagnan bien en face, ouvrit, de sa main droite, l’habit qui lui serrait le corps; il ne toucha pas à ses fontes.

Il y avait vingt pas entre eux deux.

— Mordioux! dit d’Artagnan, je ne vous assassinerai pas; si vous ne voulez pas tirer sur moi, rendez-vous! Qu’est-ce que la prison?

— J’aime mieux mourir, répondit Fouquet; je souffrirai moins.