D’Artagnan, ivre de désespoir, jeta son pistolet sur la route.
— Je vous prendrai vif, dit-il.
Et, par un prodige dont cet incomparable cavalier était seul capable, il mena son cheval à dix pas du cheval blanc; déjà il étendait la main pour saisir sa proie.
— Voyons, tuez-moi c’est plus humain, dit Fouquet.
— Non! vivant, vivant! murmura le capitaine.
Son cheval fit un faux pas pour la seconde fois; celui de Fouquet prit l’avance.
C’était un spectacle inouï, que cette course entre deux chevaux qui ne vivaient que par la volonté de leurs cavaliers.
Au galop furieux avaient succédé le grand trot, puis le trot simple.
Et la course paraissait aussi vive à ces deux athlètes harassés. D’Artagnan, poussé à bout, saisit le second pistolet et ajusta le cheval blanc.
— À votre cheval! pas à vous! cria-t-il à Fouquet.