Et il tira. L’animal fut atteint dans la croupe; il fit un bond furieux et se cabra.
Le cheval de d’Artagnan tomba mort.
«Je suis déshonoré, pensa le mousquetaire, je suis un misérable; par pitié, monsieur Fouquet, jetez-moi un de vos pistolets, que je me brûle la cervelle!»
Fouquet se remit à courir.
— Par grâce! par grâce! s’écria d’Artagnan, ce que vous ne voulez pas en ce moment, je le ferai dans une heure; mais ici, sur cette route, je meurs bravement, je meurs estimé; rendez-moi ce service, monsieur Fouquet.
Fouquet ne répondit pas et continua de trotter.
D’Artagnan se mit à courir après son ennemi.
Successivement il jeta par terre son chapeau, son habit, qui l’embarrassaient, puis son fourreau d’épée, qui battait entre ses jambes.
L’épée à la main lui devint trop lourde, il la jeta comme le fourreau.
Le cheval blanc râlait; d’Artagnan gagnait sur lui.