Mais d’Artagnan, passant l’épée dans la main gauche:
— Monsieur, dit-il à l’officier d’une voix émue, vous êtes un brave homme. Vous devez mieux comprendre ce que je vais vous dire maintenant, que ce que je vous ai dit tout à l’heure.
— Parlez, monsieur d’Artagnan, parlez, répondit le brave officier.
— Ces messieurs que nous venons voir, et contre lesquels vous avez des ordres, sont mes amis.
— Je le sais, monsieur.
— Vous comprenez si je dois agir avec eux comme vos instructions vous le prescrivent.
— Je comprends vos réserves.
— Eh bien! permettez-moi de causer avec eux sans témoin.
— Monsieur d’Artagnan, si je cédais à votre demande, si je faisais ce dont vous me priez, je manquerais à ma parole; mais, si je ne le fais pas, je vous désobligerai. J’aime mieux l’un que l’autre. Causez avec vos amis, et ne me méprisez pas, monsieur, de faire par amour pour vous, que j’estime et que j’honore, ne me méprisez pas de faire pour vous, pour vous seul, une vilaine action.
D’Artagnan, ému, passa rapidement ses bras au cou de ce jeune homme, et monta près de ses amis.