L’officier qui avait suivi d’Artagnan à Belle-Île s’apprêtait à parler, mais d’Artagnan l’interrompit.
— Oui, je sais ce que vous allez me dire, monsieur; je sais qu’il y a ordre du roi d’empêcher toute communication secrète avec les défenseurs de Belle-Île, et voilà justement pourquoi j’offre de ne communiquer qu’en présence de tout mon état-major.
Et d’Artagnan fit à ses officiers un signe de tête qui avait pour but de faire valoir cette condescendance.
Les officiers se regardèrent comme pour lire leur opinion dans les yeux des uns des autres, avec intention de faire évidemment, après qu’ils se seraient mis d’accord, selon le désir de d’Artagnan. Et déjà celui-ci voyait avec joie que le résultat de leur consentement serait l’envoi d’une barque à Porthos et à Aramis, lorsque l’officier du roi tira de sa poitrine un pli cacheté qu’il remit à d’Artagnan.
Ce pli portait sur sa suscription le n° 1.
— Qu’est-ce encore? murmura le capitaine surpris.
— Lisez, monsieur, dit l’officier avec une courtoisie qui n’était pas exempte de tristesse.
D’Artagnan, plein de défiance, déplia le papier et lut:
«Défense à M. d’Artagnan d’assembler quelque conseil que ce soit, ou de délibérer d’aucune façon avant que Belle-Île soit rendue, et que les prisonniers soient passés par les armes.
Signé: Louis.»