— Biscarrat! Biscarrat! criaient les fuyards, tu savais qu’il y avait une embuscade dans cette caverne, et tu ne nous as pas prévenus!
— Biscarrat! tu es cause que quatre de nous sont tués; malheur à toi, Biscarrat!
— Tu es cause que je suis blessé à mort, dit un des jeunes gens en recueillant son sang dans sa main, et en le jetant au visage de Biscarrat; que mon sang retombe sur toi!
Et il roula agonisant aux pieds du jeune homme.
— Mais, au moins, dis-nous qui est là! s’écrièrent plusieurs voix furieuses.
Biscarrat se tut.
— Dis-le ou meurs! s’écria le blessé en se relevant sur un genou, et en levant sur son compagnon un bras armé d’un fer inutile.
Biscarrat se précipita vers lui, ouvrant sa poitrine au coup; mais le blessé retomba pour ne plus se relever, en poussant un soupir, le dernier.
Biscarrat, les cheveux hérissés, les yeux hagards, la tête perdue, s’avança vers l’intérieur de la caverne, en disant:
— Vous avez raison, mort à moi qui ai laissé assassiner mes compagnons! je suis un lâche!