D’Artagnan n’était pas accoutumé à des résistances comme celle qu’il venait d’éprouver. Il revint à Nantes profondément irrité.

L’irritation, chez cet homme vigoureux, se traduisait par une impétueuse attaque, à laquelle peu de gens, jusqu’alors, fussent-ils rois, fussent-ils géants, avaient su résister.

D’Artagnan, tout frémissant alla, droit au château et demanda à parler au roi. Il pouvait être sept heures du matin, et, depuis son arrivée à Nantes, le roi était matinal.

Mais, en arrivant au petit corridor que nous connaissons, d’Artagnan trouva M. de Gesvres, qui l’arrêta fort poliment, en lui recommandant de ne pas parler haut, pour laisser reposer le roi.

— Le roi dort? dit d’Artagnan. Je le laisserai donc dormir. Vers quelle heure supposez-vous qu’il se lèvera?

— Oh! dans deux heures, à peu près: le roi a veillé toute la nuit.

D’Artagnan reprit son chapeau, salua M. de Gesvres et retourna chez lui.

Il revint à neuf heures et demie. On lui dit que le roi déjeunait.

— Voilà mon affaire, répliqua-t-il, je parlerai au roi tandis qu’il mange.

M. de Brienne fit observer à d’Artagnan que le roi ne voulait recevoir personne pendant ses repas.