— J’y vais, dit M. de Lyonne.
D’Artagnan attendit en arpentant le corridor.
Lyonne revint.
— Eh bien! qu’a dit le roi? demanda d’Artagnan.
— Le roi a dit que c’était bien, répondit de Lyonne.
— Que c’était bien! fit le capitaine avec explosion, c’est-à-dire qu’il accepte? Bon! me voilà libre. Je suis bourgeois, monsieur de Lyonne; au plaisir de vous revoir! Adieu, château, corridor, antichambre! un bourgeois qui va enfin respirer vous salue.
Et, sans plus attendre, le capitaine sauta hors de la terrasse dans l’escalier où il avait retrouvé les morceaux de la lettre de Gourville. Cinq minutes après, il rentrait dans l’hôtellerie où, suivant l’usage de tous les grands officiers qui ont logement au château, il avait pris ce qu’on appelait sa chambre de ville.
Mais là, au lieu de quitter son épée et son manteau, il prit des pistolets, mit son argent dans une grande bourse de cuir, envoya chercher ses chevaux à l’écurie du château, et donna des ordres pour gagner Vannes pendant la nuit.
Tout se succéda selon ses vœux. À huit heures du soir, il mettait le pied à l’étrier, lorsque M. de Gesvres apparut à la tête de douze gardes devant l’hôtellerie.
D’Artagnan voyait tout du coin de l’œil; il vit nécessairement ces treize hommes et ces treize chevaux; mais il feignit de ne rien remarquer et continua d’enfourcher son cheval. Gesvres arriva sur lui.