Ils causèrent ensemble tout en suivant la chasse, et le cocher d’Aramis les conduisit si habilement, qu’ils arrivèrent au moment où le faucon, pillant l’oiseau, le forçait à s’abattre et tombait sur lui.
Le roi mit pied à terre, Mme de Montespan l’imita. On était arrivé devant une chapelle isolée, cachée de gros arbres dépouillés déjà par les premiers vents de l’automne. Derrière cette chapelle était un enclos fermé par une porte de treillage.
Le faucon avait forcé la proie à tomber dans l’enclos attenant à cette petite chapelle, et le roi voulut y pénétrer pour prendre la première plume selon l’usage.
Chacun fit cercle autour du bâtiment et des haies, trop petits pour recevoir tout le monde.
D’Artagnan retint Aramis, qui voulait descendre du carrosse comme les autres, et, d’une voix brève:
— Savez-vous, Aramis, dit-il, où le hasard nous a conduits?
— Non, répondit le duc.
— C’est ici que reposent des gens que j’ai connus, dit d’Artagnan, ému par un triste souvenir.
Aramis, sans rien deviner et d’un pas tremblant, pénétra dans la chapelle par une petite porte que lui ouvrit d’Artagnan.
— Où sont-ils ensevelis? dit-il.