— Là, dans l’enclos. Il y a une croix, vous voyez, sous ce petit cyprès. Le petit cyprès est planté sur leur tombe; n’y allez pas; le roi s’y rend en ce moment, le héron y est tombé.

Aramis s’arrêta et se cacha dans l’ombre. Ils virent alors, sans être vus, la pâle figure de La Vallière, qui, oubliée dans son carrosse, avait d’abord regardé mélancoliquement à sa portière; puis, emportée par la jalousie, s’était avancée dans la chapelle, où, appuyée sur un pilier, elle contemplait dans l’enclos le roi souriant, qui faisait signe à Mme de Montespan d’approcher et de ne pas avoir peur.

Mme de Montespan s’approcha; elle prit la main que lui offrait le roi, et celui-ci, arrachant la première plume du héron que le faucon venait d’étrangler, l’attacha au chapeau de sa belle compagne.

Elle, alors, souriant à son tour, baisa tendrement la main qui lui faisait ce présent.

Le roi rougit de plaisir; il regarda Mme de Montespan avec le feu du désir et de l’amour.

— Que me donnerez-vous en échange? dit-il.

Elle cassa un des panaches du cyprès et l’offrit au roi, enivré d’espoir.

— Mais, dit tout bas Aramis à d’Artagnan, le présent est triste, car ce cyprès ombrage une tombe.

— Oui, et cette tombe est celle de Raoul de Bragelonne, dit d’Artagnan tout haut; de Raoul, qui dort sous cette croix auprès d’Athos son père.

Un gémissement retentit derrière eux. Ils virent une femme tomber évanouie. Mlle de La Vallière avait tout vu, et elle venait de tout entendre.