— Allons donc à l'archevêché, dit Aramis.
Et tous deux s'acheminèrent vers la Cité.
En se rapprochant du berceau de Paris, Athos et Aramis trouvèrent les rues inondées, et il fallut reprendre une barque.
Il était onze heures passées, mais on savait qu'il n'y avait pas d'heure pour se présenter chez le coadjuteur; son incroyable activité faisait, selon les besoins, de la nuit le jour, et du jour la nuit.
Le palais archiépiscopal sortait du sein de l'eau, et on eût dit, au nombre des barques amarrées de tous côtés autour de ce palais, qu'on était, non à Paris, mais à Venise. Ces barques allaient, venaient, se croisaient en tous sens, s'enfonçant dans le dédale des rues de la Cité, ou s'éloignant dans la direction de l'Arsenal ou du quai Saint-Victor, et alors nageaient comme sur un lac. De ces barques les unes étaient muettes et mystérieuses, les autres étaient bruyantes et éclairées. Les deux amis glissèrent au milieu de ce monde d'embarcations et abordèrent à leur tour.
Tout le rez-de-chaussée de l'archevêché était inondé, mais des espèces d'escaliers avaient été adaptés aux murailles; et tout le changement qui était résulté de l'inondation, c'est qu'au lieu d'entrer par les portes on entrait par les fenêtres.
Ce fut ainsi qu'Athos et Aramis abordèrent dans l'antichambre du prélat. Cette antichambre était encombrée de laquais, car une douzaine de seigneurs étaient entassés dans le salon d'attente.
— Mon Dieu! dit Aramis, regardez donc, Athos! est-ce que ce fat de coadjuteur va se donner le plaisir de nous faire faire antichambre?
Athos sourit.
— Mon cher ami, lui dit-il, il faut prendre les gens avec tous les inconvénients de leur position; le coadjuteur est en ce moment un des sept ou huit rois qui règnent à Paris, il a une cour.