Mousqueton, voyant ces deux grands désespoirs, fondait en larmes dans son coin.
— Allons, dit d'Artagnan, tout cela ne mène à rien. Partons, allons embrasser Raoul comme nous avons dit, et peut-être aura-t- il reçu des nouvelles d'Athos.
— Tiens, c'est une idée, dit Porthos; en vérité, mon cher d'Artagnan, je ne sais pas comment vous faites, mais vous êtes plein d'idées. Allons embrasser Raoul.
— Gare à celui qui regarderait mon maître de travers en ce moment, dit Mousqueton, je ne donnerais pas un denier de sa peau.
On monta à cheval et l'on partit. En arrivant à la rue Saint-
Denis, les amis trouvèrent un grand concours de peuple. C'était
M. de Beaufort qui venait d'arriver du Vendômois et que le
coadjuteur montrait aux Parisiens émerveillés et joyeux.
Avec M. de Beaufort, ils se regardaient désormais comme invincibles.
Les deux amis prirent par une petite rue pour ne pas rencontrer le prince et gagnèrent la barrière Saint-Denis.
— Est-il vrai, dirent les gardes aux deux cavaliers, que
M. de Beaufort est arrivé dans Paris?
— Rien de plus vrai, dit d'Artagnan et la preuve, c'est qu'il nous envoie au-devant de M. de Vendôme, son père, qui va arriver à son tour.
— Vive M. de Beaufort! crièrent les gardes.