J'étendis la main vers la sonnette, je voulus pousser un cri, mais ma main fut arrêtée par une autre main, mon cri fut étouffé sous la pression de deux lèvres brûlantes.
Je retombai inerte et éperdue sur mon lit.
Et moi qui disais chaque matin: «Ô mon Dieu! faites que je le revoie un jour!» je m'écriais le lendemain, au milieu des larmes et des sanglots:
«Ô mon Dieu! faites que je ne le revoie jamais!»
fin du manuscrit d'éva
X
LE RETOUR D'ÉVA
Nous avons vu dans quelle condition cette rentrée avait eu lieu, le soir, par un temps humide et froid. La vieille Marthe avait reconnu d'abord Éva à la voix, puis enfin, la porte ouverte, les deux femmes s'étaient jetées dans les bras l'une de l'autre.
Si c'eût été le jour, s'il eût fait beau temps, ce premier baiser donné à d'anciennes sympathies, Éva se fût élancée dans le jardin et eût voulu revoir en réalité tous les objets qu'elle ne voyait plus depuis trois ans qu'en souvenir.
L'arbre de la science du bien et du mal, le ruisseau qui filtrait à travers ses racines, la grotte des fées, la tonnelle, etc.