Le dix thermidor, elle ne voulut point descendre de l'échafaud et fut guillotinée entre Saint-Just et Robespierre.

Et voilà ce à quoi je pensais, voilà ce que je voyais comme à travers un nuage dans cette salle des Tuileries où des rois et des reines, inintelligents du passé et insoucieux de l'avenir, applaudissaient ces deux excellents comédiens que l'on appelait Mlle Mars et Monrose.

Notre récit serait incomplet si, le lendemain de ce grand jour que nous venons de faire apparaître rayonnant dans le lointain de notre histoire, nous ne suivions pas Jacques Mérey retournant près de Dumouriez, portant des instructions secrètes de Danton.

Jacques Mérey avait été absent trois jours; à son retour à Sainte-Menehould, il ne trouva rien de changé: les Français, faisant toujours face à la France, semblaient l'envahir; les Prussiens, lui tournant le dos, semblaient la défendre.

Les instructions de Danton étaient précises:

Tout faire pour que les Prussiens abandonnassent la France, et, en abandonnant matériellement la France, abandonnassent moralement le roi.

En somme, la bataille de Valmy n'était qu'un échec; ce n'était point une bataille, mais une canonnade; comme nous l'avons dit, les Prussiens y avaient perdu douze ou quinze cents hommes, nous sept à huit cents.

Les Prussiens n'étaient nullement entamés matériellement; démoralisés, oui.

Les deux armées comptaient un nombre à peu près égal de combattants, soixante-dix à soixante-quinze mille hommes; mais celle des coalisés était dans un état déplorable.

Les escarmouches sur le front de l'armée n'amenaient aucun résultat, et il avait été convenu d'un commun accord de les cesser; mais Dumouriez avait détaché toute sa cavalerie dans les environs: il avait lancé tous ses cavaliers à cette chasse des vivres dont nos soldats se faisaient un plaisir et qui amenait l'abondance dans notre camp tout en poussant la famine dans le camp prussien.