Le 4 au matin, le général Dumouriez partit de Saint-Amand avec le duc de Chartres, le colonel Thouvenot, Montjoye et quelques aides de camp.

Ils n'avaient pour escorte que huit hussards d'ordonnance, qui, avec les domestiques, formaient un groupe de trente chevaux.

Une escorte de cinquante hussards qu'il avait commandée se faisant attendre, Dumouriez, qui voyait se passer l'heure du rendez-vous du prince de Cobourg, laissa un de ses aides de camp pour se mettre à la tête de l'escorte et lui indiquer la route qu'elle devait suivre.

Parvenu à une demi-lieue de Condé, entre Fresnes et Doumet, il vit arriver au grand galop un adjudant qui venait de la part du général Neuilly, pour lui dire que la garnison était en grande fermentation et qu'il serait imprudent à lui d'entrer dans la ville.

Il renvoya cet officier avec ordre de dire au général Neuilly d'envoyer au-devant de lui le dix-huitième régiment de cavalerie dont il croyait être sûr.

Il attendrait ce régiment à Doumet.

En ce moment, il fut rejoint sur le grand chemin par une colonne de trois bataillons de volontaires qui marchaient sur Condé avec leurs bagages et leur artillerie. Étonné de voir s'accomplir une marche qu'il n'avait point ordonnée, il appela quelques-uns des officiers et leur demanda où ils allaient.

Ils répondirent qu'ils allaient à Valenciennes.

—Allons donc, dit le général, vous lui tournez le dos, à Valenciennes.

Puis il ordonna de faire halte et s'éloigna à cent pas du grand chemin pour entrer dans une maison et donner par écrit l'ordre à ces trois bataillons de retourner au camp de Bruill, d'où ils étaient partis.