—C'est juste! s'écrièrent Toukal, Bonhomme et Cambeba; c'est juste!

Et Antonio, moitié de bonne volonté, moitié de force, tira des mains de Castor le tabouret dont il venait de clouer le dernier bambou.

—Maintenant, continua Antonio, j'ai chanté une chanson qui m'a déjà fatigué, et je vais vous conter une histoire qui me fatiguera encore. Il est donc juste que je prenne des forces en mangeant quelque chose; n'est-ce pas, Toukal? n'est-ce pas, Bonhomme, n'est-ce pas, Castor?

—C'est juste! répondirent d'une voix les trois contribuants.

Cambeba eut une idée terrible.

—Mais, dit Antonio en montrant une double mâchoire, large, et étincelante comme celle d'un loup, mais je n'ai rien pour mettre sous ma petite dent.

Cambeba sentit se dresser ses cheveux sur sa tête et étendit machinalement la main vers le foyer.

—Il est donc juste, reprit Antonio, que Cambeba me donne une petite banane; n'est-ce pas vous tous?

—Oui, oui, c'est juste, crièrent à la fois Toukal, Bonhomme et Castor; oui, c'est juste: banane, Cambeba! banane, Cambeba!

Et toutes les voix reprirent en chœur: