Conclusion
On ne fait pas une chute de quelques mille pieds sans se réveiller; aussi Marie se réveilla, et, en se réveillant, se retrouva dans son petit lit. Il faisait grand jour, et sa mère était près d'elle, lui disant:
—Est-il possible d'être aussi paresseuse que tu l'es? Voyons, réveillons-nous; habillons-nous bien vite, car le déjeuner nous attend.
—Oh! chère petite mère, dit Marie eu ouvrant ses grands yeux étonnés, où donc m'a conduit cette nuit le jeune M. Drosselmayer, et quelles admirables choses ne m'a-t-il pas fait voir?
Alors Marie raconta tout ce que nous venons de raconter nous-même, et, lorsqu'elle eut fini, sa mère lui dit:
—Tu as fait là un bien long et bien charmant rêve, chère petite Marie; mais, maintenant que tu es réveillée, il faudrait oublier tout cela, et venir faire ton premier déjeuner.
Mais Marie, tout en s'habillant, persista à soutenir que ce n'était point un rêve, et qu'elle avait bien réellement va tout cela. Sa mère alors alla vers l'armoire, prit Casse-Noisette, qui était, comme d'habitude, sur son troisième rayon, rapporta la petite fille, et lui dit:
—Comment peux-tu t'imaginer, folle enfant, que cette poupée, qui est composée de bois et de drap, puisse avoir la vie, le mouvement et la réflexion?
—Mais, chère maman, reprit avec impatience la petite Marie, je sais parfaitement, moi, que Casse-Noisette n'est autre que le jeune M. Drosselmayer, neveu du parrain.
Alors Marie entendit un grand éclat de rire derrière elle.