Il attacha la vache à un arbre desséché, et, comme il n'avait pas de seau, il posa à terre son bonnet de cuir; mais, quelque peine qu'il se donnât, il ne put faire sortir une goutte de lait de la mamelle de la bête.
Ce n'était pas que la vache n'eût point de lait, mais Nicolas s'y prenait mal, si mal, que la bête rua, comme on dit, en vache, et, d'un de ses pieds de derrière, lui donna un tel coup à la tête, qu'elle le renversa, et qu'il fut quelque temps à rouler droite et à gauche, sans parvenir à se remettre sur ses pieds.
Par bonheur, un charcutier vint à passer avec sa charrette, où il y avait un porc.
—Eh! eh! demanda le charcutier, qu'y a-t-il donc, mon ami? es-tu ivre?
—Non pas, dit Nicolas, au contraire, je meurs de soif.
—Cela ne serait pas une raison: nul n'est plus altéré qu'un ivrogne; au reste, et à tout hasard, mon pauvre garçon, bois un coup.
Il aida Nicolas à se remettre sur ses pieds et lui présenta sa gourde.
Nicolas l'approcha de sa bouche et y but une large gorgée.
Puis, ayant reprit ses sens:
—Voulez-vous me dire, demanda-t-il au charcutier, pourquoi ma vache ne donne pas de lait?