Le charcutier se garda bien de lui dire que c'était parce qu'il ne savait point la traire.

—Ta vache est vieille, lui dit-il, et n'est plus bonne à rien.

—Pas même à tuer? demanda Nicolas.

—Qui diable veux-tu qui mange de la vieille vache? Autant manger de la vache enragée!

—Ah! dit Nicolas, si j'avais un joli petit porc comme celui-ci, à la bonne heure! cela est bon depuis les pieds jusqu'à la tête: avec la chair, on fait du salé; avec les entrailles, on fait des andouillettes; avec le sang, on fait du boudin.

—Écoute, dit le charcutier, pour t'obliger… mais c'est purement et simplement pour t'obliger… je te donnerai mon porc, si ta veux me donner ta vache.

—Que Dieu te récompense, brave homme! dit Nicolas.

Et, remettant sa vache au charcutier, il descendit le porc de la charrette et prit le bout de la corde pour le conduire.

Nicolas continua sa route en songeant combien tout allait selon ses désirs.

Il n'avait pas fait cinq cents pas, qu'un jeune garçon le rattrapa. Celui-ci portait sous son bras une oie grasse.