La reine sourit dédaigneusement.
—Le citoyen Garat s'est trop pressé, dit-elle; il eût attendu encore quelque temps, ou n'eût point fait sa déclaration de guerre, s'il eût connu la situation du général Championnet à Rome.
—Et vous connaissez mieux cette situation que ne la connaissait l'ambassadeur lui-même, n'est-ce pas, madame?
—Je le crois.
—Vous avez des correspondances à l'état-major du général républicain?
—Je ne me fierais pas à des correspondances avec des étrangers, sire.
—Alors, vous tenez vos renseignements du général Championnet lui-même?
—Justement! et voici la lettre que l'ambassadeur de la République eût reçue ce matin, s'il ne se fût point tant pressé de partir hier au soir.
Et la reine tira de son enveloppe la lettre que le sbire Pasquale de Simone avait enlevée la veille à Salvato Palmieri et lui avait remise dans la chambre obscure; puis elle la passa au roi.
Le roi y jeta les yeux.