—Mais vous êtes resté à Naples, avez-vous dit, un mois?
—Un mois ou six semaines, je ne me rappelle plus bien.
—Alors, je suis tranquille, et je comprends pourquoi le Directoire vous envoie à moi; vous n'aurez point perdu votre temps pendant ce mois-là.
—Non, j'ai étudié la ville et ses abords.
—Je n'ose encore dire que cela nous servira, mais qui sait?
—En attendant, Thiébaut, continua le général, comme l'ennemi peut être ici dans trois ou quatre jours, attendu qu'il n'entre pas dans mon plan de m'opposer à sa marche, donnez l'ordre que l'on tire le canon d'alarme au fort Saint-Ange, que l'on batte la générale par toute la ville, et que la garnison, sous les ordres du général Mathieu Maurice, se rassemble place du Peuple.
—J'y vais, mon général.
L'aide de camp sortit sans donner aucun signe d'étonnement et avec cette obéissance passive qui caractérise les officiers destinés à commander plus tard; mais il rentra presque aussitôt.
—Eh bien, qu'y a-t-il? demanda Championnet.
—Mon général, répondit le jeune homme, un aide de camp du général Mack arrive de San-Germano et demande à être introduit près de vous; il est porteur, dit-il, d'une dépêche importante.