Cependant, le roi, resté à Rome, y avait bientôt repris ses habitudes de Naples; le jour même de la bataille, il était allé, avec une escorte de trois cents hommes, chasser le sanglier à Corneto, et, comme il lui avait été impossible de réunir une meute de bons chiens à Rome, il avait, dans des fourgons, fait venir en poste ses chiens de Naples.

La veille au soir, il avait reçu de Mack une dépêche de Baccano en date de deux heures de l'après-midi; elle était conçue en ces termes:

«Sire, j'ai l'honneur d'annoncer à Votre Majesté qu'aujourd'hui j'ai attaqué l'avant-garde française, qui, après une vigoureuse défense, a été détruite. L'ennemi a perdu cinquante hommes, tandis que la bienheureuse Providence a permis que nous n'ayons qu'un mort et deux blessés.

»On m'assure que Championnet a l'audace de m'attendre à Civita-Castellana; demain, je marche sur lui au point du jour, et, s'il ne se met pas en retraite, je l'écrase. A huit heures du matin, Votre Majesté entendra mon canon ou plutôt son canon, et elle pourra dire: «La danse a commencé!»

»Ce soir, part un corps de quatre mille hommes pour forcer les défilés d'Ascoli, et, au point du jour, un second corps de même nombre pour forcer celui de Terni et prendre l'ennemi à revers, tandis que je l'attaquerai de face.

»Demain, s'il plaît à Dieu, Votre Majesté aura de bonnes nouvelles de Civita-Castellana, et, si elle va au spectacle, pourra, entre deux actes, apprendre que les Français ont évacué les États romains.

»J'ai l'honneur d'être avec respect,

»De Votre Majesté, etc.,

»Baron MACK.»

Cette lettre avait été très-agréable au roi; il l'avait reçue au dessert, l'avait lue tout haut, avait fait son whist, avait gagné cent ducats au marquis Malaspina, ce qui avait beaucoup réjoui Sa Majesté, attendu que le marquis Malaspina était pauvre, s'était couché par là-dessus, n'avait fait qu'un somme jusqu'à six heures, où on l'avait éveillé, était parti à six heures et demie pour Corneto, y était arrivé à dix, avait écouté, avait entendu le canon, et avait dit: