—Êtes-vous sûr que Ferrari allait à Vienne?

—J'avais quelques doutes à ce sujet; mais ils ont été bientôt dissipés. J'ai envoyé Tom sur la route pour savoir si Ferrari avait pris la poste.

—Eh bien?

—Il l'a prise à Capoue, où il a laissé son cheval, en disant au maître de poste qu'il en eût bien soin, que c'était un cheval des écuries du roi, et qu'il le reprendrait à son retour, c'est-à-dire dans la nuit du 3 octobre, ou dans la matinée du 4.

—Onze ou douze jours.

—Juste le temps qu'il lui faut pour aller à Vienne et en revenir.

—Et, à la suite de toutes ces découvertes, qu'avez-vous résolu?

—D'en prévenir Votre Majesté d'abord, et c'est ce que je viens de faire; ensuite il me semble, pour nos plans de guerre, car Votre Majesté est toujours résolue à la guerre?...

—Toujours. Une coalition se prépare qui va chasser les Français de l'Italie; les Français chassés, mon neveu l'empereur d'Autriche va mettre la main non-seulement sur les provinces qu'il possédait avant le traité de Campo-Formio, mais encore sur les Romagnes. Dans ces sortes de guerres, chacun garde ce qu'il a pris, ou n'en rend que des portions; emparons-nous donc seuls, et avant personne, des États romains, et, en rendant au pape Rome, que nous ne pouvons point garder, eh bien, nous ferons nos conditions pour le reste.

—Alors, la reine étant toujours résolue à la guerre, il est important qu'elle sache ce que le roi, moins résolu à la guerre que Votre Majesté, a pu, par le conseil du cardinal Ruffo, écrire à l'empereur d'Autriche et ce que l'empereur d'Autriche lui a répondu.