—Votre Majesté sait que c'est l'abréviation de Richard.
—C'est vrai!
Cinq minutes après, on entendit des pas dans l'escalier.
—Du moment que c'est Richard, dit Acton, il est inutile que Votre Majesté se cache; d'ailleurs, nous aurons besoin de lui tout à l'heure.
—Pour quoi faire?
—Quand il s'agira de récrire la lettre; ce n'est ni Votre Majesté ni moi qui la récrirons, attendu que le roi connaît nos écritures; il faudra donc que ce soit lui.
—C'est juste.
La reine s'assit, tournant le dos à la porte.
Le jeune homme entra avec les trois objets demandés, qu'il déposa près de la cheminée; puis il sortit sans paraître même avoir remarqué qu'une personne était dans la chambre, qu'il n'avait pas vue à sa première entrée.
Acton referma une seconde fois la porte derrière lui, apporta le fourneau près de la cheminée et mit le fer dessus; puis, ouvrant l'armoire qui contenait la pharmacie, il en tira une petite bouteille d'acide oxalique, coupa la barbe d'une plume de manière qu'elle pût lui servir à promener la liqueur sur le papier, plia la lettre de façon à préserver les trois dernières lignes et la signature impériale de tout contact avec le liquide, versa l'acide sur la lettre et l'y étendit avec la barbe de la plume.