Un léger bruit la fit retourner: Giovannina l'avait suivie; elle se redressa, honteuse d'être surprise par la jeune fille, qui s'excusa en disant:

—J'ai entendu pleurer madame, et j'ai pensé que madame avait peut-être besoin de moi.

Luisa se contenta de secouer la tête; elle s'abstenait de parler, craignant que ses paroles mouillées de larmes n'en dissent plus qu'elle n'en voulait dire.

Le lendemain, Luisa était pâle, défaite; son excuse fut le bruit que l'on avait fait toute la nuit en tirant des pétards et des mortarelli.

Le chevalier achevait de déjeuner, lorsqu'une voiture s'arrêta à la porte. Giovannina ouvrit et introduisit le secrétaire du prince; le prince, forcé d'aller au conseil à midi, et désirant causer avec San-Felice avant d'aller au conseil, lui envoyait sa voiture et le priait de venir sans perdre un instant.

Sur le perron, le chevalier croisa le facteur, qui, trouvant la porte ouverte, était entré: il tenait une lettre à la main.

—Est-ce pour moi? demanda San-Felice.

—Non, Excellence, c'est pour madame.

—D'où vient-elle?

—De Portici.