—Portez vite! c'est de la gouvernante de madame, probablement.

Et San-Felice continua son chemin et monta dans la voiture, qui partit au grand trot.

Luisa avait entendu le court dialogue du facteur et de son mari; elle s'avança au-devant de l'homme de la poste et lui prit la lettre des mains.

Cette lettre était d'une écriture inconnu.

Elle l'ouvrit machinalement, porta son regard sur la signature et jeta un cri: la lettre était de Salvato.

Elle l'appuya sur son coeur et courut s'enfermer dans la chambre sacrée.

Il lui semblait que c'eût été usé impiété de lire la première lettre qu'elle recevait de son ami autre part que dans cette chambre.

—C'est de lui! murmura-t-elle en tombant sur le fauteuil placé au chevet du lit, c'est de lui!

Elle fut un moment sans pouvoir lire; le sang qui s'élançait de son coeur et qui montait à son cerveau faisait battre ses tempes et jetait un voile sur ses yeux.

Salvato écrivait du champ de bataille: