--Alors, dit Luisa, va, et reviens vite!

Michele ne fit qu'un saut, comme il avait dit; mais, avant qu'il fut revenu, un soldat de planton apportait une lettre de Salvato.

Elle était conçue en ces termes:

«Ma bien-aimée Luisa, ce matin, à cinq heures, j'ai reçu l'ordre du général de partir pour Salerne et d'y organiser une colonne que l'on envoie en Basilicate, où, à ce qu'il paraît, nous avons quelques troubles. J'estime que cette organisation, en y mettant toute l'activité possible, me prendra deux jours. Je pense donc être de retour vendredi soir.

»Si j'espérais, à mon retour, trouver la fenêtre de la ruelle ouverte, et si je pouvais passer une heure avec vous dans la chambre heureuse, je bénirais presque mon exil de deux jours qui me vaudrait une pareille faveur.

»J'ai laissé au palais d'Angri des hommes chargés de m'apporter mes lettres. J'en attends plusieurs, mais je n'en espère qu'une.

»Oh! l'adorable soirée que j'ai passée hier! oh! l'ennuyeuse soirée que je vais passer aujourd'hui!

»Au revoir, ma belle madone au Palmier! J'attends et j'espère.

«Votre SALVATO.»

Luisa fit un geste de désespoir.