Si Salvato n'était de retour que vendredi soir, comment aurait-elle le temps de le soustraire au massacre de la nuit?

Elle aurait le temps de mourir avec lui à peine!

Le planton attendait une réponse.

Qu'allait répondre Luisa? Elle n'en savait rien. Sans doute, la conspiration était organisée à Salerne comme à Naples. Le révélateur n'avait-il pas dit qu'elle devait éclater à Naples et dans ses environs?

Elle crut un instant qu'elle allait devenir folle.

Giovannina, implacable comme la haine, lui répétait que le messager attendait une réponse.

Elle prit une plume et écrivit:

«Je reçois votre lettre, mon frère bien-aimé. En toute autre circonstance, je me serais contentée de vous répondre: «Vous aurez votre fenêtre ouverte, et je vous attendrai dans la chambre heureuse.» Mais il faut que je vous voie avant deux jours. Je vous enverrai aujourd'hui Michele à Salerne; il vous portera une lettre de moi, que je vous écrirai aussitôt que j'aurai remis un peu d'ordre dans mes idées.

«Si vous quittez votre hôtel, ou le palais de l'intendance, ou le logement que vous aurez choisi enfin et où Michele ira vous chercher, dites où vous serez, afin que, partout où vous serez, il vous trouve.

Votre soeur, LUISA.»