Puis, s'adressant à son père et lui offrant le bras:
—Allons, mon père, dit-il, laissons délibérer ces messieurs.
Et, se replaçant au milieu des gardes, il sortit de la chambre du tribunal sans laisser à Francesco Conforti le temps de rien ajouter au discours de son confrère Mario Pagano.
La délibération ne pouvait être longue: le délit était patent et, on l'a vu, les coupables n'avaient pas cherché à le dissimuler.
Cinq minutes après, on rappela les prévenus; ils étaient condamnés à mort.
Une légère pâleur couvrit les traits du vieillard lorsque les paroles fatales furent prononcées; le jeune homme, au contraire, sourit à ses juges et les salua courtoisement.
—Inutile, dit le président, puisque vous avez refusé de vous défendre, inutile de vous demander, comme juges, si vous avez quelque chose à ajouter à votre défense; mais, comme hommes, comme citoyens, comme compatriotes, désespérés d'avoir à porter un si terrible jugement contre vous, nous vous demanderons si vous n'avez pas quelque désir à exprimer, quelque recommandation à faire?
—Mon père a, je crois, une faveur à vous demander, messieurs, faveur que, sans vous compromettre, je crois, vous pouvez lui accorder.
—Citoyen Backer, dit le président, nous vous écoutons.
—Monsieur, répondit le vieillard, la maison Backer et Ce existe depuis plus de cent cinquante ans, et c'est de sa pleine et entière volonté qu'elle a passé de Francfort à Naples. Depuis le 5 mai 1652, jour où elle fut fondée par mon trisaïeul Frédéric Backer, elle n'a jamais eu une discussion avec ses correspondants ni un retard dans ses échéances; or, voici déjà plus de deux mois que nous sommes prisonniers et que la maison marche hors de notre présence.