—Ah! fit le vieux Backer poussant un soupir de satisfaction en reprenant sa place dans le fauteuil où il s'était assis pendant trente-cinq ans.
Puis il ajouta:
—Fritz, ouvrez le volet de communication.
Fritz obéit, ouvrit un ressort donnant du cabinet dans la caisse, de façon que le père et le fils pouvaient, sans quitter chacun son bureau, se parler, s'entendre et même se voir.
A peine le vieux Backer était-il assis, qu'avec des cris et des hurlements de joie un grand épagneul, traînant sa chaîne brisée, se précipita dans son cabinet et bondit sur lui comme pour l'étrangler.
Le pauvre animal avait senti son maître, et, comme Fritz, venait lui souhaiter la bienvenue.
Les deux Backer commencèrent à dépouiller leur correspondance. Toutes les lettres sans recommandation avaient été décachetées par le premier commis; toutes celles qui portaient une mention particulière ou le mot Personnelle avaient été mises en réserve.
C'étaient ces lettres-là qu'on n'avait pu faire parvenir aux prisonniers, avec lesquels toute communication était défendue, que ceux-ci retrouvaient sur leur bureau en rentrant chez eux.
Neuf heures sonnaient à la grande pendule du temps de Louis XIV qui ornait le cabinet de Simon Backer, lorsque, avec sa régularité habituelle, le caissier arriva.
C'était, comme le valet de chambre, un Allemand, nommé Klagmann.