En ce moment, Giovannina entra, et, le sourire du mauvais ange sur les lèvres:
—Une lettre de M. André Backer pour madame, dit-elle.
Luisa tressaillit, comme si elle eût vu apparaître le fantôme de Backer lui-même.
Salvato la regarda avec étonnement.
Michele se releva et tourna ses regards vers la porte.
Le caissier Klagmann parut. Il était bien connu de la San-Felice: c'était lui qui, d'habitude, lui apportait les intérêts de l'argent qu'elle avait placé ou plutôt que le chevalier avait placé dans la maison Backer.
Il était porteur, non pas d'une lettre, mais de deux lettres pour Luisa.
Ces deux lettres devaient, sans doute, être lues chacune à son tour; car le messager commença par en donner une à Luisa en lui faisant signe que, lorsqu'elle aurait lu la première, il lui donnerait la seconde.
Cette première était la circulaire imprimée adressée aux créanciers de la maison Backer.
Au fur et à mesure que Luisa avait lu le funèbre écrit, sa voix s'était altérée, et, à ces mots: Par suite de la condamnation à mort des chefs de la maison, le papier avait échappé à sa main tremblante et sa voix s'était éteinte.