Les forges allumées liquéfiaient le plomb, l'étain et l'argent, que des fondeurs convertissaient en balles.

La nuit se passa à ce travail. Au point du jour, chaque assiégé avait quarante coups à tirer.

Quant aux artilleurs, on calcula qu'ils avaient des projectiles pour les deux tiers de la journée, à peu près.

A six heures du matin, la canonnade et la fusillade commencèrent.

A midi, on vint annoncer au cardinal que l'on avait extrait, des plaies de plusieurs blessés, des balles d'argent.

A trois heures de l'après-midi, on s'aperçut que les Altamurais tiraient à mitraille avec de la monnaie de cuivre, puis avec de la monnaie d'argent, puis avec de la monnaie d'or.

Les projectiles manquaient, et chacun apportait tout ce qu'il possédait d'or et d'argent, aimant mieux se ruiner volontairement que de se laisser piller par les sanfédistes.

Mais, tout en admirant ce dévouement que les historiens constatent, le cardinal calculait que les assiégés, épuisant ainsi leurs dernières ressources, ne pouvaient tenir longtemps.

Vers quatre heures, on entendit une grande explosion, comme serait celle d'une centaine de coups de fusil qui partiraient à la fois.

Puis le feu cessa.