Le résultat de la reconnaissance du cardinal fut que tous les chemins et même tous les sentiers qui conduisaient à Altamura étaient commandés par l'artillerie, et que ces sentiers et ces chemins étaient, en outre, défendus par des barricades.

On décida, en conséquence, de s'emparer de l'une des hauteurs dominant Altamura et qui étaient gardées par les patriotes.

Après un combat acharné, la cavalerie de Lecce, c'est-à-dire les cent hommes que de Cesare avait amenés avec lui, s'empara d'une de ces hauteurs sur laquelle fra Pacifico établit à l'instant même sa coulevrine, pointée sur les murailles, et son mortier, pointé sur les édifices intérieurs. Deux autres pièces furent dirigées sur d'autres points; mais leur petit calibre les rendait plus bruyantes que dangereuses.

Le feu commença; mais, bien attaquée, la ville était bien défendue. Les Altamurais avaient juré de s'ensevelir sous leurs remparts et paraissaient disposés à tenir leur parole. Les maisons croulaient, ruinées et incendiées par les obus; mais, comme si les pères et les maris avaient oublié les dangers de leurs enfants et de leurs femmes, comme s'ils n'entendaient point les cris des mourants qui les appelaient à leur secours, ils restaient fermes à leur poste, repoussant toutes les attaques et mettant en fuite dans une sortie les meilleures troupes de l'armée sanfédiste, c'est-à-dire les Calabrais.

De Cesare accourut avec sa cavalerie et soutint leur retraite.

Il fallut la nuit pour interrompre le combat.

Cette nuit se passa presque entière, chez les Altamurais, à discuter leurs moyens de défense.

Inexpérimentés dans cette question de siége, ils n'avaient réuni qu'un certain nombre de projectiles. Il y avait encore des boulets et de la mitraille pour un jour; mais les balles manquaient.

Les habitants furent invités à apporter sur la place publique tout ce qu'ils avaient chez eux de plomb et de matières fusibles.

Les uns apportèrent le plomb de leurs vitraux, les autres ceux de leurs gouttières. On apporta l'étain, on apporta l'argenterie. Un curé apporta les tuyaux de l'orgue de son église.