Le jeune lazarone avait une manière de frapper qui révélait sa présence; les deux jeunes gens la reconnurent, et la douce voix de Luisa prononça le mot:
—Entrez!
Michele poussa la porte. Salvato et Luisa étaient assis l'un près de l'autre. Luisa avait la tête appuyée à l'épaule de Salvato, qui l'enveloppait de son bras.
Luisa avait les yeux pleins de larmes; Salvato, le front resplendissant d'orgueil et de joie. Michele sourit; il lui semblait voir un jeune époux triomphant, à l'annonce d'une future paternité.
Quel que fût, au reste, le sentiment qui mettait la joie au front de l'un et les larmes aux yeux de l'autre, il devait, sans doute, rester un secret entre les deux amants; car, à la vue de Michele, Luisa posa un doigt sur ses lèvres.
Salvato se pencha en avant et tendit la main au jeune homme.
—Quelles nouvelles? lui demanda-t-il.
—Aucune précise, mon général, mais beaucoup de bruit en l'air.
—Et qui fait ce bruit?
—Une pluie d'argent qui vient on ne sait d'où.