--Ah! oui, s'écria Salvato. Luisa! sauvons Luisa!
D'ailleurs, Salvato eût voulu résister, que la chose lui eût été impossible: au bruit des crosses de fusil contre la porte de l'église, Joseph Palmieri entraînait, avec la force d'un géant, son fils vers la sortie qui donne dans la rue des Chiarettieri-al-Pendino.
A cette sortie, quatre chevaux tout sellés, ayant chacun une carabine à l'arçon, attendaient leurs cavaliers, guidés par deux paysans des Abruzzes.
--Voici mon cheval, dit Joseph Palmieri en sautant en selle; et voilà le tien, ajouta-t-il en montrant un second cheval à son fils.
Salvato était, lui aussi, en selle avant que son père eût achevé la phrase.
--Suis-moi! lui cria Joseph.
Et il s'élança le premier par le largo del Elmo, par le vico Grande, par la strada Egiziaca à Forcella.
Salvato le suivit; les deux autres hommes galopèrent derrière Salvato.
Cinq minutes après, ils sortaient de Naples par la porte de Nola, prenaient la route de Saint-Corme, se jetaient à gauche par un sentier à travers les marais, gagnaient au-dessus de Capodichino la route de Casoria, laissaient Sant'Antonio à leur gauche, Acerra à leur droite, et, distançant, grâce à l'excellence de leurs chevaux, les deux hommes qui leur servaient d'escorte, ils s'enfonçaient dans la vallée des Fourches-Caudines.
Maintenant, pour ceux de nos lecteurs qui veulent l'explication de tout, nous donnerons cette explication en deux mots.