Puis elle tomba à genoux, et, posant d'elle-même sa tête sur le billot:

--Suis-je bien ainsi, monsieur? dit-elle.

--Oui, répondit rudement le beccaïo.

--Ne me faites pas souffrir, je vous prie.

Le beccaïo, au milieu d'un silence de mort, leva le couperet...

Mais, alors, il se passa une chose horrible.

Soit que sa main fût mal assurée, soit que l'arme n'eût pas le poids nécessaire, le premier coup, en tombant, fit une large entaille au cou de la patiente, mais ne trancha point les vertèbres.

Luisa poussa un cri, se releva sanglante et battant l'air de ses bras.

Le bourreau la prit par ce qu'il lui restait de cheveux, la courba sur le billot, et frappa une seconde, une troisième fois, au milieu des imprécations de la multitude, sans parvenir à séparer la tête du tronc.

Au troisième coup, folle de douleur, appelant Dieu et les hommes à son secours, Luisa, toute ruisselante de sang, s'échappa de ses mains, et, s'élançant, allait se jeter au milieu de la foule, lorsque le beccaïo, laissant tomber son couperet et saisissant son couteau d'égorgeur, arme qui lui était plus familière, arrêta la pauvre martyre, en lui faisant une ceinture de son bras, et lui plongea son couteau au-dessus de la clavicule.