Pendant la nuit, on changea d'ancrage et l'on alla jeter l'ancre entre le château de l'Oeuf et le Château-Neuf.

Prévenu de ce changement, le roi consentit à sortir de sa chambre; mais, avant de monter sur le pont, il s'informa soigneusement si l'on ne voyait pas flotter quelque chose à la surface de la mer.

Rien ne flottait, et pas un pli ne ridait la surface azurée.

Le roi respira.

Le duc della Salandra, lieutenant général des armées de Sa Majesté Sicilienne, l'attendait pour lui soumettre les conditions auxquelles le colonel Mejean offrait de rendre le fort.

Voici ces conditions:

«Article premier.--La garnison française du fort Saint-Elme se rendra prisonnière de guerre de Sa Majesté Sicilienne et de ses alliés, et ne servira point contre les puissances actuellement en guerre avec la république française, qu'elle ne soit régulièrement échangée.

»Art. II.--Les grenadiers anglais prendront possession de la porte du fort dans la journée même de la capitulation.

»Art. III.--La garnison française sortira du fort le lendemain du jour de la capitulation avec armes et bagages; hors de la porte du fort, elle attendra, pour être remplacée par lui, un détachement portugais, anglais, russe et napolitain, qui, la garnison sortie, prendra immédiatement possession du fort; là, elle déposera les armes.

»Art. IV.--Les officiers conserveront leur épée.