— N'as-tu pas entendu?…
— Non.
— Il m'a semblé qu'une voix en détresse… m'appelait… Entends- tu? entends-tu?… C'est la voix de Marguerite…
— Va au-devant d'elle, lui dit le vieillard, j'ai besoin d'être seul.
Chapitre XV Paul s'élança dans la chambre voisine, et, comme il y mettait le pied, il entendit son nom répété une troisième fois tout auprès de l'entrée.
Courant alors à la porte, il l'ouvrit avec empressement, et, sur le seuil, il trouva Marguerite, à qui la force avait manqué pour aller plus loin, et qui était tombée à genoux.
— À moi! à moi! cria-t-elle avec l'expression de la plus profonde terreur en apercevant Paul, et en se traînant vers lui.
Paul s'élança vers Marguerite et la prit dans ses bras; elle était pâle et glacée. Il l'emporta dans la première chambre, la déposa sur un fauteuil, retourna fermer la porte, qui était restée ouverte; puis revenant près d'elle:
— Que craignez-vous? lui dit-il; qui vous poursuit, et comment venez-vous à cette heure?
— Oh! s'écria Marguerite, à toute heure du jour et de la nuit, j'aurais fui tant que la terre aurait pu me porter! J'aurais fui jusqu'à ce que je trouvasse un coeur pour y pleurer, un bras pour me défendre! J'aurais fui!… Paul! Paul! mon père est mort.