La marquise laissa tomber un second regard sur le parchemin, et vit que, cette fois comme l'autre, Paul lui avait dit la vérité.
— Oui, j'en conviens, dit-elle, voilà pour l'ambition d'Emmanuel et le bonheur de Marguerite.
— Et en même temps pour votre tranquillité, à vous, madame, car Emmanuel rejoint son régiment, Marguerite suit son époux, et vous restez seule, hélas! comme vous l'avez désiré tant de fois.
La marquise soupira. N'est-ce point cela, madame, et me serais-je trompé? continua Paul.
— Mais, murmura la marquise, comment me dégager avec le baron de
Lectoure?
— Le marquis est mort, madame. N'est-ce point une cause suffisante à l'ajournement d'un mariage, que la mort d'un mari et d'un père?…
La marquise, pour toute réponse, s'assit dans le fauteuil, prit une plume et du papier, écrivit quelques lignes, plia la lettre, et mettant sur l'adresse le nom du baron de Lectoure, elle sonna un domestique.
Après quelques secondes d'attente, pendant lesquelles Paul et elle gardèrent le silence, un domestique parut.
— Remettez, dans deux heures, cette lettre au baron de Lectoure, dit elle.
Le domestique prit la lettre et sortit.